réciter le Qour'aan dans le Qabraastaan
Q) A la visite du Qabrastaan dans mon hajj, on m`a dit qu'il n'est pas permis de réciter le Qour'aan-é-Kareem dans le Qabraastaan (cimetière). Est-ce vrai?
A) Après "tafdeen" (enterrement) il est moustahab (recommandé) de réciter quelques versets du Qour'aan­é-Kareem plus particulièrement le commencement du sourah Al-Baqarah du côté de la tête du mort et la fin de ce même sourah du côté de ses pieds. Dans son tafseer, Fathoul Qadeer, Allaamah Shawkaanî (R) mentionne le hadice suivant:

Hazrat Abdoullah Bin Ou'mar (RA) rapporte que Raçouloullah(SAW) a dit:
 
"Quand quelqu'un parmi vous est mort, il ne faut pas le retenir (trop longtemps). Emmenez le vite près de sa tombe (enterrez le vite) et lisez le commencement et la fin du sourah Al-Bagarah près de sa tête et de ses pieds respectivement."

De plus, Allaamah An-Nawaawî (R) mentionne ce même hadice dans son livre Al-Azkaar et dit qu'il est rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Ou'mar (RA) dans Shouboul Imaam de Baihaqee et il ajoute que ce hadice jouit d'une chaine de transmission solide (Sanad Hassan).
Dans Tibraani, il y a un autre hadice semblable rapporté par un autre Sahaabî (RA). Commentant ce hadice, Allaamah Haafiz Al Haithami dit que ses narrateurs sont dignes de foi.

Par ailleurs, dans Sharhoul Soudoûr Allaamah Jalaalouddeen Al Souyoûti (R) a rapporté plusieurs hadices qui indiquent pourquoi il est préférable et les bienfaits de la récitation de certains sowar tels que At-Takaathour, Al-Ikhlaas, Yaasin etc au cimetière. Ceux qui prétendent qu'il n'est pas permis de réciter le Qour'aan-é-Kareem dans le Qabrastaan se réfèrent probablement à un hadice de Mouslim Shareef où Raçouloullah(SAW) dit:
 
'Ne convertissez pas vos maisons en des tombes. Sans doute satan s'enfuit d'une maison où on récite le Sourah AI-Bagarah. "

Selon eux à travers ce hadice Raçouloullah (SAW) a voulu dire que le cimetière est un lieu où on ne fait pas la récitation du Qour'aan-é-Kareem. Mais les savants de l'Islam interprètent ce hadice différemment. Les Ou'laamas sont d'avis que Raçouloullah a fait la comparaison à une tombe parce que l'occupant d'une tombe ne peut faire le tilaawat-oul-Qour'aan contrairement aux occupants d'une maison. En d'autres mots c'est une mise en garde aux musulmans qui se comportent en mourdah (personne morte) en négligeant le Tilaawat-oul-Qour'aan. Si les occupants d'une maison se comportent en mourdah, comment appellera-t-on une telle maison sinon un qabar (un tombeau)?

Cette interprétation est soutenue par un hadice de Boukhari Shareef où Raçouloullah (SAW) dit:
 
"La différence entre une personne qui fait le zikroullah et celle qui ne le fait pas est comparable à la différence qui existe entre un vivant et un mort."

D'après ce hadice, une personne qui fait le zikroullah est un être vivant tandis que celle qui ne le fait pas est comme un mourda (mort).

A la lumière du hadice de Boukhari Shareef, l'interprétation du hadice du Mouslim Shareef sera comme suit: Ne vivez pas dans votre maison sans faire le zikroullah (Tilaawatoul-Qour'aan) comme les morts dans leur tombe. Le hadice de Mouslim Shareef donc n'est en aucune manière une interdiction de réciter le Qour'aan-é-Kareem dans le Qabraastaan. Ceux qui maintiennent le contraire sont dans l'erreur. Leur déduction à partir du hadice de Mouslim Shareef est erronée. D'ailleurs, il y a bon nombre de ahaadîce qui recommande la récitation du Qour'aan-é-Kareem dans le cimetière. Ce qui mène au principe du Shariat qui dit qu'une loi mentionnée dans un texte (mantooq) a priorité sur une loi déduite à partir d'un texte (mafhoûm). De ce fait la recommandation du Tilaawat-oul-Qour'aan dans le cimetière étant une loi "mantooq" aura priorité sur le hadice de Mouslim Shareef qui est une loi "mafhoûm" (déduite), si toutefois les quelques personnes se bornent à maintenir leur déduction.

Il faut faire ressortir ici l'incohérence de l'argumentation de ceux qui disent que la récitation du Qour'aan-é-Kareem dans le cimetière est interdite alors que ces mêmes personnes disent qu'il est sounnat de lire le Sourah Faatiha dans le namaz dja­naaza. En effet dans un hadice il est dit que Raçouloullah (SAW) s'est rendu près de la tombe d'une personne, enterrée la nuit précédente, où il a accompli le namaz djanaaza.

De plus il est rapporté dans un autre hadice qu'en présence de Hazrat Abdoullah Bin Ou'mar (RA), Hazrat Abou Hourairah (RA) a accompli entre les qabars, le namaz djanaaza de Hazrat Aa'ishah (RA) et de Hazrat Oumme Salmah (RA) dans Jannat-oul-Baqee. Nous demandons donc à ceux qui prétendent qu'il est interdit de réciter le Qour'aan-é-Kareem dans le Qabrastaan et qui en même temps, disent qu'il est sounnat de réciter le Sourah Faatiha dans le namaz djanaaza de nous dire si oui ou non Raçou­loullah), et Hazrat Abou Houraira (RA) avaient récité le Sourah Faatiha dans le namaz djanaaza? Si la réponse est positive alors comment ils expliquent "l'interdiction" de la récitation du Qour'aan-é-Kareem dans le Qabrastaan alors que par leur pratique Raçouloullah et Hazrat Abou Hou-raira (RA) ont démontré le contraire.

Quant à la question que est posée ici, toute personne douée d'intelligence dira, après les explications données plus haut, qu'il est bel et bien permis de réciter le Qour'aan-é-Kareem dans le Qabrastaan.
 
 
     
 
 
 
 
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